Une locomotive électrique restaurée à Pamiers...

 

L’usine de forges est depuis le 19e siècle le cœur battant de la ville de Pamiers.

Nombreux sont les Appaméens à garder le souvenir de ces petites locomotives électriques tractant leur lourd chargement au travers de la ville pour apporter à l’usine les matériaux nécessaires à son bon fonctionnement. Aujourd’hui, il n’en subsiste plus qu’une, classée Monument Historique en 1992. Propriété de la ville, elle a été donnée à la Communauté de communes du Pays de Pamiers afin d’être restaurée et placée, non pas en état de fonctionnement mais en état de présentation, devant l’usine sur une portion de voie reconstituée.

Que savons-nous de l’origine de cette locomotive ? Elle est achetée par la Société Métallurgique de l’Ariège en 1916 aux Ateliers des Chartreux de la Compagnie Générale Française de Tramway de Marseille. Elle a fait les trajets entre la gare et l’usine jusqu’à la fermeture de la voie à la fin des années 70.

Une fois rénovée, elle fera partie d’un sentier d’interprétation du patrimoine industriel amenant le visiteur à découvrir le riche passé industriel de la ville, de ses tanneries médiévales à son usine de forge. Un panneau d’interprétation expliquera alors le rôle de la locomotive et reproduira le parcours emprunté jusqu’à la gare. Le coût de cette restauration s’élève à 71.511,90 € tout compris carrosserie, peinture et vitrages.

Des subventions publiques ont été sollicitées pour ce projet :

  • Etat (Direction Régionale des Affaires Culturelles) 15.000€
  • Région Midi-Pyrénées 10.164€
  • Conseil Général de l'Ariège 15.000€

L’autofinancement de la Communauté de Communes du Pays de Pamiers est donc de 31.347,70€.

Une souscription a également été lancée auprès de la Fondation du Patrimoine pour recueillir des dons auprès des particuliers et des entreprises. Si vous êtes intéressés par cette opération de mécénat, cliquez ici.

 



 

 

Restaurer une locomotive classée Monuments Historiques au titre des objets...

Une entreprise spécialisée dans la carrosserie industrielle et la restauration de mobilier industriel protégé a été retenue pour mener les travaux. Il s’agit de la société SAFRA basée à Albi.

La machine étant classée Monument Historique, il s’agit de la conserver dans un état le plus proche possible de son origine. Ainsi, seules les pièces irrécupérables seront changées et le maximum des éléments d’origine sera conservé. Un inventaire précis des travaux à mener a donc été réalisé par un expert ferroviaire travaillant pour la DRAC (Direction des Affaires Culturelles, Ministère de la Culture). Pour consulter ce cahier des charges, cliquez ici.

Quels travaux pour la loco?

La société SAFRA à Albi, spécialisée dans la restauration de carrosserie industrielle, a rénové cette locomotive.

Voici une présentation succincte des travaux réalisés.

La caisse et les boggies ont été sablés puis repeints en gris clair (RAL 7044) alors que les roues, perches et tampons ont été peints en noir.

Sur la carrosserie, par endroit la tôle a dû être redressée, des portes de trappes ont été recréées pour pouvoir fermer complètement la caisse et éviter les infiltrations d’eau. Trappes et trappons ont d’ailleurs été soudés.

Sur les capots, sur les zones les plus endommagées à cause de la rouille, de nouvelles tôles ont été soudées et les fissures ont été réparées par soudage. Le seuil de porte et les plats de tôle latéraux ont été repris.

Les deux chiffres 2 ont été reproduits à l’identique de part et d’autre de la porte, rappelant que cette BB était la numéro 2.

Sur le toit, redressage des tôles, changement de la zinguerie.

A l’intérieur, le plancher et le toit de la cabine ont simplement été poncés puis traités. En très bon état, ils ont nécessité très peu de reprises. Le plafond de cabine côté extérieur a pour sa part été complètement refait à neuf en bois puis lasuré

Ces photos proviennent de la société SAFRA,
la première représente la phase de sablage,
la deuxième la première mise en peinture,
la troisième la couche finale.

Des compromis ont dû être trouvés pour garantir la durabilité de la restauration :

- Fallait-il fermer la locomotive?

A l’origine, il n’y avait pas de porte. Seul un store de moleskine, qui pouvait être remonté, protégeait le conducteur. Il faisait très chaud dans ces cabines, il fallait donc une aération maximum. Mais, elle a finalement été fermée par une porte pour éviter les intrusions. Peinte en noir, elle permettait  de donner une impression de relief laissant penser à une ouverture sombre.

- Quels vitrages poser ?

Il était nécessaire de garantir une protection maximum tant pour préserver l’intérieur de la locomotive que pour la sécurité des visiteurs en cas de bris de verre. Le choix s’est donc porté vers un système de vitrages transparents en polycarbonate.

- Fallait-il enlever les composants?

Sous recommandation de la DRAC et dans le but d’éviter les vols, tous les composants intérieurs ont été déposés. Voltmètres, ampèremètre, manettes de commande… sont ainsi conservés en lieu sûr.

Une fois restaurée, la locomotive revient à Pamiers le 10 décembre 2012.

Une voie a été posée avec des rails, traverses et balasts pour accueillir la BB.

Commandes publiques
Espace Pro
Haut de page